Dans plusieurs écoles secondaires, certains jeunes vivent une baisse de motivation scolaire qui inquiète les parents et les intervenants. Cette réalité touche particulièrement des adolescents dont le parcours familial et migratoire a déjà demandé beaucoup d’adaptation. Derrière ce que l’on peut percevoir comme un désintérêt pour l’école, il y a rarement un manque d’effort ou de volonté.
Le secondaire est une étape charnière. Les exigences scolaires augmentent, les attentes deviennent plus élevées et les adolescents sont appelés à se projeter vers l’avenir. Pour certains jeunes, cette projection est difficile. Ils doivent apprendre dans un nouveau système scolaire, parfois dans une langue encore en apprentissage, tout en composant avec des changements importants vécus par leur famille. Ce contexte peut rendre chaque journée d’école plus lourde qu’il n’y paraît.
Une question revient souvent, même lorsqu’elle n’est pas formulée clairement :
« À quoi tout cela va-t-il mener? »
Lorsque l’avenir est incertain — que ce soit en raison d’un parcours migratoire récent, d’un manque d’information sur les possibilités après le diplôme ou simplement d’un sentiment d’instabilité — il devient plus difficile pour un adolescent de donner un sens aux efforts demandés à l’école. Sans repères clairs, la motivation peut s’effriter, même chez des jeunes capables et engagés.
Les professionnels du milieu scolaire observent que le désengagement n’est pas un choix volontaire. Il est souvent le résultat d’une accumulation : fatigue, pression scolaire, inquiétudes familiales, sentiment de ne pas toujours comprendre les attentes ou de ne pas avancer assez vite. À l’inverse, lorsque les jeunes persévèrent, c’est souvent parce qu’ils se sentent soutenus, reconnus et entourés par des adultes qui croient en eux.
La motivation scolaire ne se limite pas aux notes ou à la participation en classe. Elle se construit dans le temps, à travers le sentiment d’appartenance, la confiance, la reconnaissance des efforts et la stabilité des repères. L’école peut jouer un rôle important, mais le soutien à la maison demeure tout aussi essentiel.
Immigrer et tout recommencer
Ces questions l’accompagnent lorsqu’elle prend une décision majeure : immigrer au Canada avec son mari et leur fille. Quitter son pays, sa famille, ses repères. Recommencer ailleurs. La famille s’installe d’abord à Calgary, en Alberta, où ils apprennent l’anglais et découvrent un nouveau milieu de vie.
Cette étape est enrichissante, mais aussi exigeante sur le plan personnel. Après quelques mois, un autre choix s’impose : déménager au Québec pour de meilleures perspectives professionnelles.
Arrivée sur la Rive-Sud de Montréal, Ryma se retrouve dans une période de grande transition. Elle sait qu’elle veut se réorienter vers le domaine des communications, mais elle doute beaucoup. Elle se demande si son projet est réaliste et si elle pourra trouver sa place sur le marché du travail québécois.
L’importance d’un accompagnement au bon moment
C’est à ce moment qu’elle se tourne vers COFFRE, au bureau de Saint-Hubert. Elle y entame un programme de groupe qui marquera un véritable tournant. Dès le départ, Ryma est accompagnée par sa conseillère en emploi, Christina Pantou, qui joue un rôle clé dans son parcours.
Christina l’accompagne étroitement, l’aide à mettre des mots sur ses compétences et à clarifier ses objectifs professionnels. Le programme lui permet de poser des actions concrètes : travailler son CV, mieux comprendre le marché de l’emploi et structurer son projet en communications, même si les doutes sont encore présents.
À un moment clé, sa conseillère lui propose de rencontrer les agentes de communication du Quartier de l’Emploi, ce qui lui permet de mieux comprendre le milieu et de confirmer son projet. Quelques semaines plus tard, un poste s’ouvre au bureau de Saint-Jean-sur-Richelieu. J’encourage ainsi Ryma à poser sa candidature. Elle passe l’entrevue et devient officiellement membre de l’équipe du Quartier de l’Emploi.
Ne pas rester seule pour avancer
En moins de six mois au Québec, Ryma réussit à relever plusieurs défis à la fois : s’installer dans un nouveau pays, vivre dans deux provinces, changer de carrière et intégrer le marché du travail, tout en veillant au bien-être de sa famille. Tout au long de son parcours, une chose ressort clairement : Ryma n’est jamais restée seule. Elle a toujours cherché du soutien et posé des questions pour avancer.
Son histoire rappelle aux femmes en transition ou en période de doute qu’il ne faut pas rester seule. Demander de l’aide et accepter d’être accompagnée peut vraiment faire la différence et ouvrir de nouvelles portes.
Cette chronique est écrite par Émilie Rey. Elle est tirée de l’épisode 20 du balado Les Elles de l’avenir, une série qui met en lumière des parcours de femmes inspirantes en transition professionnelle.